Allumette: Chapitre 24

Chapitre 24

— Je te le promets, il était là juste parce qu’il est gentil.

— Il est tout sauf gentil.

Delph commence à perdre patience elle commence donc à légèrement élever la voix quand elle répond à son petit ami mais parvient à conserver son calme.

— Il s’en veut de m’avoir enfermée. C’est tout.

— Il peut. Mais je te dis que ce n’est pas ça.

Voilà, c’en est trop, Delph ne peut plus se contenir et le haussement de voix se transforme en cris sortant du cœur.

— Arrête. Lou a disparu, ce n’est pas le moment pour être jaloux.

Ces hurlements ont au moins le mérite de ramener Léandre à la raison, il secoue alors la tête comme pour se réveiller et prend alors Delph dans ses bras.

— Désolé bébé, tu as raison. Concentrons-nous sur Lou.

Les larmes coulent sur les joues de Delph et le contact rassurant de Léandre lui permet de pleurer en sécurité. Ils restent ainsi de longues minutes, jusqu’à ce que le fleuve de pleurs se calme.

— Je vais t’aider bébé, j’ai la voiture donc on va faire le tour de la ville et de celle d’à côté et encore celle d’à côté jusqu’à ce qu’on la retrouve, d’accord ?

Delph ne peut que hocher la tête pour acquiescer. Léandre lui sèche alors le visage avant de sortir du petit appartement pour rejoindre la voiture. Delph devrait le suivre, mais avant elle décide d’envoyer un message qu’elle cache à son petit ami.

« Bonjour, quand serais-tu disponible pour que l’on puisse se voir ? Merci. Delph. »

— Bébé ? Qu’est-ce que tu fais ? Demande Léandre depuis le couloir.

Ces quelques mots pourtant doux et aimant font sursauter Delph. Elle sait très bien que Léandre ne sera pas content s’il voit ce message, elle se sent donc anxieuse de se faire prendre en flagrant délit. Bien évidemment il ne lui fera jamais de mal, mais elle ne veut pas se disputer avec lui encore une fois, ils ont mieux à faire.

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Cela fait maintenant plusieurs heures que Léandre et Delph tournent en rond dans toute la région, qu’ils demandent à chaque personne qu’ils croisent s’ils ont vu Lou mais la réponse est toujours désespérément la même. Non ils n’ont jamais vu cette jeune femme.

Comment cela est-il possible ? Lou est quelque part, cela n’est pas possible autrement, personne ne disparaît jamais comme ça. Même si elle… Même si elle est partie dans l’autre monde, nous devrions la retrouver quand même. Et c’est cela, ce qui pèse tant sur Delph, savoir que son amie est quelque part loin d’elle et qu’elle ne peut rien faire pour l’aider. Elle est peut-être en pleine souffrance à ce moment présent, et Delph est impuissante. Non elle ne peut pas laisser cela se produire, elle doit tout faire pour retrouver Lou, quoi qu’il en coûte.

Delph jette alors un furtif coup d’œil à son téléphone mais comme depuis plusieurs heures maintenant, toujours aucune réponse. Delph décide donc d’insister.

« Bonjour, quand serais-tu disponible pour que l’on puisse se voir ? Merci. Delph.

Peux-tu me rappeler s’il te plaît ? »

Les heures filent, tout comme les kilomètres mais le téléphone portable de Delph reste toujours aussi mutique et Lou toujours aussi invisible. Delph continue donc d’écrire, toujours en prenant soin de ne pas se faire repérer, n’ayant maintenant plus que comme seul espoir d’obtenir de l’aide.

« Bonjour, quand serais-tu disponible pour que l’on puisse se voir ? Merci. Delph.

Peux-tu me rappeler s’il te plaît ?

S’il te plaît, aide-moi. Lou est toujours portée disparue et je ne sais pas quoi faire. »

Cette fois, Delph n’attend plus des heures mais seulement quelques minutes avant de continuer sa discussion sans réponse.

« Bonjour, quand serais-tu disponible pour que l’on puisse se voir ? Merci. Delph.

Peux-tu me rappeler s’il te plaît ?

S’il te plaît, aide-moi. Je ne sais pas quoi faire.

J’ai besoin de toi. »

Et soudain, enfin un peu de vie dans cette conversation qui était jusqu’à présent morte. Une notification indique à Delph qu’Arthur est en train d’écrire. Son cœur s’accélère, c’est bon un professionnel va les aider. Grâce à lui Lou va être retrouvée. Il a les compétences nécessaires et les moyens. Ce n’est pas la première fois qu’il doit enquêter sur une personne disparue il saura donc quoi faire, contrairement à Delph qui se retrouve de plus en plus perdue.

Mais le cœur de Delph s’arrête quand la notification disparaît. Arthur a dû commencer à écrire avant de supprimer son message.

— Qu’est-ce que tu fais sur ton portable bébé ?

De panique Delph cache son téléphone entre ses jambes puis la pose alors sur le siège de la voiture. Elle décidément une très mauvaise menteuse, elle ne sait rien cacher à Léandre. Mais aujourd’hui, elle ne dira pas la vérité, pour ne pas prendre le risque de rendre triste son petit ami s’il découvre qu’elle discute avec un homme qu’il n’apprécie pas.

— Rien, j’envoie juste des messages à Lou dans l’espoir qu’elle me réponde.

Léandre lâche alors le regard de la route pour le poser tendrement sur Delph et lui caresse alors les genoux avec sa main droite.

— Tu as raison bébé, on ne sait jamais. Puis comme ça, elle verra que l’on pense à elle.

À ces mots Delph est assailli par la culpabilité, elle ne devrait pas mentir à une si gentille personne, c’est injuste. Mais elle préfère aller à la simplicité, même si cela lui brise le cœur, pour retrouver Lou.

Tout à coup un son de vibreur se fait entendre en dessous des fesses de Delph. Les regards de Delph et de Léandre se croisent donc, plein d’étonnement et la jeune femme se saisissent rapidement de son portable pour regarder qui est l’expéditeur de ce message.

— C’est Lou ? Demande Léandre plein d’espoir.

— Non c’est juste une publicité. Réponds Delph dépitée.

Elle aussi a cru l’espace d’une seconde que cela pouvait être un message de sa meilleure amie lui disant qu’elle va bien et qu’il ne faut pas s’inquiéter pour elle. Mais il n’en est rien. Mais ce n’est pas non plus une publicité comme elle vient de le dire à Léandre à qui elle continue de mentir.

« Bonjour, quand serais-tu disponible pour que l’on puisse se voir ? Merci. »

Delph.

« Peux-tu me rappeler s’il te plaît ? 

S’il te plaît, aide-moi. Je ne sais pas quoi faire.

J’ai besoin de toi. »

Delph.

Bonjour Delph. Je suis désolée mais je ne peux plus enquêter avec toi.

Bon courage. Arthur. »

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